Article de la Nouvelle République - 10 septembre 2001
Sur les traces de Cabernote

Samedi, les Amis de la Saint-Jean et Sandrine Bourreau ont embarqué 150 "pèlerins" au beau milieu du bocage pour une balade contée sur les traces de la fée Cabernote.

Plusieurs haltes ont été aménagées, sur des lieux chargés d'histoire...
Imaginaire !
Un livre en gestation
Samedi, Claudette Fuseau y a rajouté une sérieuse touche d’humour. Et les " pèlerins " ont apprécié cette visite qui leur a offert l’occasion de redécouvrir le bocage sous un jour nouveau. " Rigolarde " et passionnée à la fois, la comédienne n’a pas ménagé ses efforts pour faire " revivre " la petite fée Cabernote. Un spectacle parfois déconcertant. " Vraiment maman, la dame elle raconte n’importe quoi ", s’est d’ailleurs étonné un petit bout d’chou embarqué par ses parents dans l’aventure.

Il y a quelques 2.300 ans, à la faveur d’une éclipse de lune, une charmante fée prénommée Cabernotea aperçu l’étang de l’Olivette. Par la clarté de l’eau attirée, juchée sur sa jument Epona, la petite fée a alors entrepris de traverser la voie lactée pour venir atterrir au bord de la pièce d’eau. Le début d’aventures rocambolesques, mettant en scène une galerie de personnages tous plus fantastiques les uns que les autres, et dont la conséquence fut … la création du bocage ! Rien de moins.


Claudette Fuzeau, incarnée par Sandrine Bourreau, a animé cette visite un peu particulière.

Cette jolie histoire, on la doit à Pierre Gingreau et ses compagnons des Amis de la Saint-Jean. Samedi, près de 150 curieux se la sont fait raconter par Claudette Fuzeau, le personnage incarné par Sandrine Bourreau. Plus qu’un simple spectacle, un véritable pèlerinage sur les traces de la " p’tite Cabernote".
Un mythe reconstitué

Embarqué dans une car sur une " ligne cabernotique " spécialement créée, la petite troupe s’en est allé pour un voyage à travers les premiers âges qui a pris parfois, les recommandations de Claudette Fuzeau aidant, des allures de sortie du troisième âge.

D’un genre un peu particulier cependant ! Point de départ : " Place Forte ", la ferme de Pierre Gingreau. Destination : le " bocage profond ". Programme : deux heures de promenades à travers un imaginaire débordant d’inventivité. " L’histoire de la fée Cabernote, explique Pierre Gingreau, c’est une fable bien entendu, un mythe reconstitué de toutes pièces. Une légende que l’on a inventée et que l’on essaie de faire vivre. "

Avec un certain succès, il faut bien le dire. L’érudition de Pierre, qui connaît tout ce qu’il faut savoir sur le mythe de la grande déesse indo-européenne, et celles de ses acolytes, qui n’ignorent rien des secrets du bocage, leurs ont permis de bâtir une légende qui s’inscrit à merveille au panthéon des divinités des temps passés et qui se raccroche sans peine à l’histoire locale.

Le Pas-de-la-Vierge devient le Pas-de-la-Fée, le bois de l’Ermite est désormais réputé abriter la dépouille d’un démon que Cabernote aurait vaincu, la fontaine de Pitié aurait servi à la fée pour panser les blessures de sa jument et ainsi de suite.

Le malheureux n’a certainement pas fini deméditer sur l’explication que ceux-ci lui ont délivrée : " Justement, c’est cela qui est agréable ".

S’il finit par décider que ses parents ont raison, il pourra alors se plonger dans l’ouvrage que Pierre Gingreau, assisté d’un étudiant, Pierre Morin, est en train d’écrire. L’histoire complète de la fée Cabernote et de ses neufs enfants. Vivement la parution.

Antoine DELAUNAY.



La ligne Cabernotique, créée pour l'occasion, a emmené les "pèlerins" sur les traces de la légende.